Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

L'information médiatique contaminée par le virus communautariste belge, résiste même au Coronavirus

 

Felice Dassetto

20 avril 2020

(Nederlandse vertaling hieronder)

Le Covid-19 ravageur et meurtrier a fait un miracle politique : le gouvernement provisoire reste provisoire, mais est doté de pouvoirs spéciaux ; une union sacrée (temporaire) et un peu fragile se fait au niveau fédéral et entre « le » fédéral et les entités fédérées. De quoi donner un soubassement politique un peu crédible à une action médicale rapide, efficace, un minimum coordonnée face à l’ampleur du péril. Le niveau fédéral a également réussi à coordonner une aide aux entreprises. Au niveau des régions une cacophonie à la belge persiste et des aides différentes sont fournies aux indépendants de l’Horeca, aux commerçants, aux coiffeurs, selon que l’on soit en Flandre, à Bruxelles ou en Wallonie. Des divergences apparaissent au niveau du devenir de l’enseignement.

Malgré tout, sur la scène politique, c’est une trêve politique provisoire et une trêve provisoire de la « guerre communautaire » s’est faite avec grincement des dents. Le virus communautaire belge, pour lequel il n’y a pas (encore) de vaccin, semble avoir ralenti provisoirement son action.

C’est tant mieux, car cela correspond à la réalité du vécu des populations qui composent la Belgique. Les personnes qui, bien imprudemment, sont allées en Italie lors des vacances de carnaval, qu’elles habitent le Hainaut ou le Limbourg, ont été contaminées de la même manière. Les conséquences de cette pandémie sont les mêmes que l’on habite à Antwerpen ou à Liège, à Genk ou à Mons ou que l’on soit Flamand de Brussel ou Francophone de Bruxelles. L’action sanitaire est la même, qu’elle soit fournie par le personnel médical flamand ou francophone ou germanophone. Les épreuves du confinement pèsent de la même manière, ainsi que l’inquiétude, la souffrance, la séparation des proches, la maladie et la mort. Partout, on vit la même expérience. Partout émergent des initiatives de solidarité ; partout se montre la capacité de rebondissement, de résilience, de générosité. Partout on tente de penser au lendemain : l’immédiat et celui de l’après-épidémie. En somme, il y a bien en Belgique, sur cet espace dans lequel s’exerce une « gouvernance à la belge », une société civile commune du temps de pandémie.

 

Cette expérience commune de tout le monde dans ce temps suspendu par le virus pourrait être l’occasion de reconstituer des connexions et des liens entre « les deux parties » du pays, d’habitude affectées par l’autre virus, le « Belgicavirus », celui du communautaire.

Au minimum cela pourrait être l’occasion d’une connaissance réciproque accrue des vécus, des actions, et des éventuelles initiatives solidaires transcommunautaires. Mais pour cela, il faudrait que les médias soient convaincus de l’intérêt de cette information « au-delà des frontières internes ».

Force est de faire un constat. Les quotidiens, hebdomadaires, télévisions abondent d’informations sur le virus, qui bénéficient d’ailleurs d’une large audience. Ces mêmes médias informent sur ce qui se passe en France, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Royaume-Uni, aux USA, en Suède et ailleurs.
Mais rigoureusement, chaque média, flamand et francophone, informe respectivement uniquement, pour les uns sur ce qui se passe en Flandre et parmi les Flamands de Brussel et, pour les autres, sur se qui se passe chez les francophones de Bruxelles et les Wallons. Très peu ou presque rien de ce qui se passe dans la société de l’autre partie du pays. C’est d’ailleurs la situation habituelle de l’information. Au mieux on échange un article entre un quotidien et l’autre, ou on fait une émission « Vu de Flandres », mais dans le fond, la réalité de l’autre partie du pays ne fait pas partie intégrante de l’information « nationale ».

 

Dans le cas du Coronavirus on parlera de la scène politique, mais pas de la société civile commune qui est en train de vivre la même expérience au nord et au sud du pays.

 

En quelque sorte, ce faisant, les médias continuent à se situer, y compris dans cette circonstance d’émergence, dans le terrain dessiné par celles et ceux qui préparent la dislocation définitive du pays : ils jouent dans le cadre de celles et ceux qui disent qu’il y a bien deux nations, deux sociétés civiles. Ceci assorti de l’autre constat et de l’autre injonction : l’autre partie est décrétée une terra incognita.

 

 

Décrétant en même temps qu’entre des populations belges dont on a construit une différence ethnique radicale, il ne peut y avoir que des relations fonctionnelles. Comme des croisements touristiques : les Flamands dans « leur jardin », comme ils disent être pour eux, la Wallonie ; les Francophones dans l’espace balnéaire des quelques dizaines de kilomètres bien bétonnés de la côte. Ou encore des relations fonctionnelles économiques entre entreprises.

 

Mais au-delà de ces aspects, il faut qu’entre ces deux « groupes ethniques » il n’y ait pas d’empathie, d’émotion partagée et donc pas de communication et de connaissance des vécus réciproques. Ce qui compte, c’est que les uns et les autres s’appréhendent par le biais de la seule polémique et des préjugés, de la méfiance et des coups de la guéguerre politique. Il ne faut pas qu’ils se voient dans la réalité de leurs vécus, y compris dans le contexte de la terrible homogénéisation des situations engendrées par la propagation de ce virus.

 

Ce faisant, les médias continuent à fonctionner dans le travers politique belge : celui de réfléchir l’ensemble du pays uniquement sous l’angle de la scène politique en ignorant les réalités et les vécus de la société civile, alors que ce que nous vivons dans les quatre coins du pays serait un moment dense pour montrer et faire sentir le « monde commun ».

 

Il n’y a rien à faire : même le Coronavirus Covid-19, qui nous force à changer le cadrage que nous avons de nos vécus et de nos perspectives à venir, ne parvient pas à changer le cadrage imposé par le Belgicavirus communautariste dont ce pays n’arrive pas à se défaire.

 

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De door het communautaire virus besmette informatie is zelfs tegen het coronavirus bestand

 

Felice Dassetto

20 April 2020

(Dank aan Agnes Van Goubergen voor de vertaling en de gegeven informatie)

 

Het verwoestende en dodende Covid-19-virus heeft een politiek mirakel verwezenlijkt. : de

voorlopige regering is nog altijd voorlopig, maar uitgerust met bijzondere machten; een (tijdelijke),

ietwat broze"union sacrée"is tot stand gekomen op federaal niveau en tussen het federale en de

deelgebieden. Genoeg om een beetje politieke geloofwaardigheid te geven aan snelle en efficiënte

medische maatregelen, een minimum gecoördineerd om op te wegen tegen het grootse gevaar. Het

federale niveau is er ook in geslaagd de ondernemingen op een gecoördineerde manier te

ondersteunen. Op regionaal niveau blijft de Belgische kakofonie en naargelang het in Vlaanderen,

Wallonië of Brussel is, krijgen zelfstandigen uit de Horeca, handelaars of kappers afwijkende steun.

Voor het onderwijs worden verschillende perspectieven geschetst. Niettemin is op politiek vlak een

voorlopig bestand ingetreden, en met tandengeknars ook een communautaire wapenstilstand. Het

Belgische communautaire virus, waarvoor geen vaccin bestaat, lijkt voorlopig ingedijkt.

 

Gelukkig, want het stemt overeen met de realiteit die beleefd wordt door de bevolkingen die deel

uitmaken van België. De mensen die onvoorzichtig genoeg naar Italië gereisd zijn voor de

krokusvakantie, of ze nu in Henegouwen dan wel in Limburg wonen, werden op dezelfde manier

besmet. De gevolgen van de pandemie zijn dezelfde voor de bewoners van Antwerpen, Luik, Genk

of Bergen, voor de Vlamingen in Brussel of de Franstaligen in Bruxelles. De zorgverstrekking is

dezelfde, of ze nu toegepast wordt door Vlaams, Franstalig of Duitstalig medisch personeel. De last

van de lockdown drukt identiek, zoals ook de afzondering, de ziekte, de dood. Overal wordt

hetzelfde beleefd. Overal duiken solidariteitsinitiatieven op, overal wordt blijk gegeven van

weerbaarheid, veerkracht en edelmoedigheid. Overal wordt aan morgen gedacht, aan de

onmiddelijke toekomst en aan de tijd na de epidemie. Eigenlijk is er in België, in die ruimte waarin

op z'n Belgisch wordt bestuurd, een gemeenschappelijk middenveld binnen de epidemie.

 

Terwijl het virus de tijd heeft stopgezet en iedereen deze gemeenschappelijke beleving ondergaat

zou de gelegenheid kunnen benut worden om terug connecties en banden op te bouwen tussen beide

landsgedeelten, die in normale tijden geteisterd worden door dat andere virus, het Belgicavirus, het

communautaire.

 

Op z'n minst zou het kunnen aanleiding geven om elkaars belevingen en acties en misschien ook

communautair overschrijdende initiatieven te ontdekken. Maar daarvoor zouden de media overtuigd

moeten zijn dat die informatie interessant is "binnen de eigen grenzen".

 

Want het moet worden vastgesteld. De dag- en weekbladen, de televie, worden overstelpt door

informatie over het virus, en worden daarin overigens breed gevolgd. Diezelfde media informeren

over wat in Frankrijk gebeurt, in Nederland, in Duitsland, in het Verenigd Koninkrijk, in de VS, in

Zweden of nog elders. Maar absoluut elk medium, Vlaams of Franstalig, informeert over wat

plaatsvindt in Vlaanderen en onder Vlaamse Brusselaars oftewel onder Franstalige Brusselaars en in

Wallonië, maar over vrijwel niets wat zich afspeelt in de maatschappij van het andere landsgedeelte.

Wat overigens de gebruikelijke informatie is. Op z'n best wordt één of ander artikel tussen kranten

uitgewisseld, of wordt een"Vu de Flandres" uitgezonden, maar de realiteit van het andere

landsgedeelte is eigenlijk geen deel van de "nationale" informatie.

 

Wat het Cornavirus aangaat, wordt wel over de politieke scène gepraat, maar niet over de gedeelde

maatschappij, waarin de burgers in het noorden en in het zuiden van het land dezelfde ervaring aan

het meemaken zijn.

 

Door zo te handelen blijven de media zichzelf daar plaatsen waar het veld bepaald wordt door

diegenen die het land definitief willen ontwrichten. Ze spelen binnen het kader van zij die beweren

dat er twee naties zijn, twee maatschappijen. Tevens geven ze de waarneming en het bevel uit dat

het andere gebied terra incognita is.

 

Terzelfdertijd wordt verordend dat er tussen de Belgische bevolkingen, voor dewelke men een

radicaal etnisch verschil schiep, geen andere relatie kan zijn dan een functionele. Zoals toeristische

uitwisselingen : de Vlamingen in hun tuin, zoals ze Wallonië bestempelen, en de Franstaligen in de

enkele tientallen kilometers gebetonneerde kust. Of de functionele economische betrekkingen

tussen de ondernemingen.

 

Buiten die aspecten mogen de twee "etnische groepen" geen onderlinge empathie, geen gedeelde

emoties, geen communicatie en geen wederzijdse kennis ervaren. Wat telt is dat de enen en de

anderen elkaar alleen waarnemen doorheen polemiek en vooroordelen, wantrouwen en politieke

stoten onder de gordel. Ze mogen elkaar niet zien binnen hun reële beleven, zelfs niet in deze

context van de vreselijke zelfde situatie die de verspreiding van het virus teweegbrengt.

Daarmee blijven de media werken binnen het Belgische politieke gebrek : het land als geheel enkel

bedenken langsheen de politieke scène en terzelfder tijd de realitieit en de belevingen in de

maatschappij negeren. Terwijl wat we in alle uithoeken van het land beleven het moment bij uitstek

zou zijn om de "gemeenschappelijke wereld" te tonen en te laten aanvoelen.

 

Daar lijkt niet aan te verhelpen : zelfs het coronavirus Covid-19, dat ons ertoe dwingt, het kader van

onze belevingen en onze toekomst te herzien is niet in staat om het kader te herzien ons opgelegd

door het Belgische communautaire virus, dat we niet kwijtkrijgen.