Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

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Guerre en Ukraine, huitième jour. Urgence du réveil des sociétés civiles

3  mars 2022

Felice Dassetto

La guerre commencée par l’invasion armée poutinienne de l’Ukraine continue de plus belle et entre dans une phase plus sanglante face à la résistance de ce pays envahi dont la population dans toutes ses composantes fait preuve d’abnégation, de patriotisme, d’héroïsme -autant de mot qui étaient tombés en désuétude- exemplaires. Maintenant l’urgence est à la défense, à la résistance et au soutien les actif, efficace et généreux possible. Des gens souffrent des conséquences de ce lourd moment d’agression et de mort qui semble devenir presque banal dans plusieurs pays du monde depuis la généralisation des guerres dites de « basse intensité » qui accompagnent ce qui semble être une nouvelle ère pour la redistribution des dominations.

Mais il s’agit aussi d’un moment d’action civile renouvelée.

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Guerre d’Ukraine. Appel aux sociétés civiles.

26.02.2022 (10 heures, revision 17 heures)

Felice Dassetto

L’ invasion impitoyable de l’armée poutinienne russe a paralysé toute possibilité diplomatique. Les diplomaties sont en stand-by pour le moment. Les sanctions auront certes des effets, mais n'arrêtent pas l'armée russe; l’intervention militaire en soutien de l’Ukraine est considérée impossible, car trop risquée. Les Etats et les institutions onusiennes sont bloquées : on a vu l’abstention au conseil de sécurité non seulement de la Chine qui est un exemple de l‘usage de la violence armée contre des peuples, depuis l’invasion du Tibet et l’écrasement des Ouighours, mais aussi d’un grand pays comme l’Inde, mais dirigé par un nationaliste, tout comme des Emirats arabes Unis.

Tout en s’interrogeant sur les erreurs commises par l’Europe ou l’Otan, le temps n’est plus après cet acte extrême poutinien-russe à ce questionnement. Ce questionnement sur les erreurs et les illusions devra venir après. Et sera indispensable.
Maintenant l’urgence est celle de tenter de faire basculer la décision russe, car le week-end de carnaval du 26-27 février 2022 risque d’être un week-end noir.

La mobilisation rapide des sociétés civiles aurait un rôle important de soutien moral pour des gens écrasées par la guerre mais également pour tenter de faire arrêter cet acte insensé d’un grand Etat. Hélas, le week-end du carnaval du 26 et 27 février sera un week-end noir.

Le quotidien belge Le Soir daté de ce 26 septemebre a conscré deux pages  pour répondre à la question: "Faire reculer Vladimir Poutin, mais comment?". Les journalistes du Soir passent en revue les différentes obtions économiques, les sanctions etc. Mais ils oublient la mobilisation des sociétés civiles, dans le réel et dans le virtuel. Dommage.

 

Tout d’abord une mobilisation par des manifestations des sociétés civiles des pays libres.

Or ces sociétés sont restées jusqu’ici bien silencieuses et immobiles. Y compris des organisations comme la Ligue des droits humains, souvent prête à manifester. Cette invasion et cette guerre de grand ampleur sont-t-elles à penser seulement dans les catégories de la géopolitique ? Ne sont-elles pas une question de droits humains ? Les ukrainiens et ukrainiennes immigrés dans les pays européens et manifestant les jours derniers à Bruxelles et ailleurs étaient bien seules et seuls. Où étaient les mondes associatif, politique, syndical ?

La société civile ukrainienne se mobilisé, certes, surtout à l’extérieur. Elle a déjà manifesté et continuera à le faire. A l'intérieur du pays, on n'en sait pas grande chose, ni concernant la société civile qui se mobiliserait avec les armes, dont parlait le pouvoir ukrainien, ni celle qui semble surtout écrasée par la crainte et la souffrance: mais qu'en est-il?

Et puis, mobilisation de la société civile russe. Mis à part les opposants au régime, bien courageuses et courageux mais qui restent une minorité, et vu que cette guerre appelle (ou devrait appeler), dans la population russe non seulement une analyse des conséquences économiques et politiques mais aussi à une conscience morale, y a-t-il au sein de la population russe, ou bien au sein de l'armée, soldats et gradés, ou au sein de l‘administration, de l’industrie, de l’université, des Académies ou bien dans l'église orthodoxe russe un mouvement de sursaut contre cette aventure ? Ou bien l'identité nationale russe est-elle plus forte que tout? Ou bien la peur et la violence instaurées par le régime sont telles que mis à part les courageux et courageuses militantes, le reste de la population est tétanisée?

Est-ce que les ressources du Web des sociétés civiles, cette nouvelle importante dimension des sociétés civiles sont mobilisées en langue russe pour tenter de faire basculer les opinions et la légitimité dont semble bénéficier ce régime autocratique ? Comment parvenir à franchir les blocages du web par le pouvoir en fournissant une information à la population russe? Comme informer au moins les nombreux Russes immigrés en Europe  et vivants dans les villes européennes ?

Hélas l’urgence est là et la situation impitoyable. Il serait à l’honneur des sociétés civiles, en particulier de l’Europe libre de se mobiliser et de ne pas rester dans le rôle de spectatrices de cette violence qui pourrait devenir un modèle pour une nouvelle phase d’agressions étatiques.

 

Ce 26 février, 16 heures Quelques millieurs de personnes manifestent dans l'avenue des Arts à Bruxelle, adultes et enfants. La toute grande majorité de la foule est composée d'Ukrainiens et d'oukrainiennes.

J'ai vuq une petite dizaine de drapeaux européens, un drapeau belge, un drapeau français, un drapeau turc jumelé à celui ukrainien.
Je n'ai pas vus d'associations, de partis ou de syndicats manifestant leur présence. Beaucoup de peancartes écrite sur des cartons manifestaient leur colère et leur volonté de paix.

Je ne sais pas si les organisateurs ukrainiens ont fait un appel à des organisations belges ou européennes. Je penserait que non. En tout cas je n'ai pas entendu un discours dans une autre langue qu'en ukrainien. Il importe de faire le lien.

Il importe que Bruxelles qui se dit capitale européenne même si elle n'est q' une des acpitales des institutions technocratiques et politiques de l'Europe, se dise et se vive, qu'elle deviennent l'(emblème vivant de la appartenance européenne et que son appellation de "capitale" ne soit pas seulement dans le but d'alimenter le tourisme.

Le monument manquant de Waterloo

Felice Dassetto

18 mai 2015

Les commémorations du bicentenaire de la bataille de Waterloo approchent à grand pas. Les places pour le grand jeu de reconstitution de la bataille sont vendues. Champagne et diners sous tente agrémenteront le spectacle du public plus fortuné. Les opérateurs touristiques inscrivent les commémorations dans leurs circuits. Les hôteliers se frottent les mains car les touristes sont attendus en nombre. Les investissements publics et privés seront rentabilisés. Le business Waterloo est bien installé.

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