Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

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La guerre d’Ukraine et ses défis de l’après, notamment pour les Européens et l’idée européenne.

(1)Logique de violence, régime poutinien, Russie et « l’umiliation »

 

Felice Dassetto

21 juin 2022

On ne sait pas quand se terminera cette guerre d’Ukraine dont il ne fallait pas dire le nom selon le président et menée en partie par des hommes de main mercenaires, soudards venant de Tchétchénie ou enrôlés dans le « groupe Wagner ». Une guerre conduite aussi avec des armes des pays de l’OTAN (surtout américaines et britanniques) sans engagement direct des armées occidentales, pour des raisons géopolitiques, mais parce que, en particulier parmi les européens, malgré la solidarité avec l’Ukraine l’idée de mourir pour ce pays ne trouverait pas beaucoup de légitimité et d’adeptes. Ni d’ailleurs l’idée de mourir dans une guerre, tellement l’idée de la guerre -tout au moins en Europe- est devenue éloignée parmi les Européens.

Cette guerre, dans laquelle l’Union Européenne ainsi que les Etats et les populations des pays d’Europe sont enrôlés, ouvre des questions nouvelles qui s’ajoutent aux défis de la mondialisation et des changements technologiques, économiques et sociétaux. Malgré l’urgence de l’action et la quête d’issues il ne faudrait pas perdre de vue les conséquences globales de ce conflit pour l’avenir de l’Europe. Je voudrais pointer ici quelques aspects.

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Le texte original a été rédigé en langue française. Suit la traduction en russe et en anglais. La traduction en anglais a été revue par moi. Celle en russe a été faite par un traducteur automatique. Je n’ai pas pu vérifier sa qualité ne connaissant pas le russe. J’espère qu’elle sera compréhensible et plus ou moins fiable.

Первоначальный текст был написан на французском языке. Далее следует перевод на русский и английский языки. Английский перевод был проверен мной. Тот, что на русском языке, был сделан автоматическим переводчиком. Я не мог проверить его качество, не зная русского языка. Надеюсь будет понятно и более-менее достоверно.

The original text was written in French. The translation into Russian and English follows. The English translation has been reviewed by me. The one in Russian was made by an automatic translator. I could not check its quality not knowing Russian. I hope it will be understandable and more or less reliable.

25 mars 2022

Lettre semi-ouverte, mais personnelle à des citoyennes et citoyens russes de la part d’un citoyen d’un pays européen

Madame, Monsieur,

Je n’ai pas le plaisir de vous connaître personnellement. Devant la situation dramatique qui est en train de se vivre entre Russie et Ukraine et les conséquences entre les pays européens et la Russie, j’envoie cette lettre un peu comme une bouteille à la mer.

Mais je me présente d’abord brièvement. J’habite en Belgique. J’ai enseigné pendant des années la sociologie à l’Université catholique de Louvain. J’ai publié diverses choses notamment autour de l’islam contemporain. Mon dernier ouvrage porte sur une sociologie historique du jihadisme contemporain. Je tiens depuis quelques années un blog en français sur diverses questions de société et que je tente d’analyser avec mes outils de sociologue. Vous pouvez trouver mon blog à l’adresse : www.felicedassetto.eu

J’envoie cette lettre semi-ouverte à quelques adresses email de personnes de la société civile russe que je ne connais pas, et que j’ai trouvées sur le web. Je la poste également sur mon blog. C’est une démarche naïve à la hauteur de mon désespoir comme simple membre de la société civile d’assister sans savoir rien faire à un tel désastre de vies humaines, de moyens alors qu’il y a un tel besoin de coopérer face aux défis du monde contemporain. Les sociétés civiles ne peuvent rien faire pour tenter de sortir de l‘impasse ?

Ces dernières semaines nous avons pu constater que le convictions et les opinions de la majorité des populations russe et des pays européens sont très divergentes. Les dirigeants politiques, les médias de nos pays et de nos langues respectives véhiculent des analyses totalement divergentes autour des événements en Ukraine.

Les échanges et les débats entre citoyens et la construction d’une société mondiale

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L’étrange histoire d’un pacte des Coronavirus avec les humains colonisés

Décembre 2021

Racontée par Felice Dassetto

Je ne sais pas comment qualifier mon expérience. Ce n’est même pas une expérience. Elle est une sorte de sensation, mais plus qu’une sensation. Accompagnée par une teinte d’étrangeté, et en même temps, je ne dirais pas de familiarité, mais de naturalité.
Cela se passait dans un bois assez dense, ou plus exactement en lisière d’un bois. J’en ai compris après la raison : c’était un terrain neutre. Car cette réunion, qui n’était pas à proprement parler une réunion, ni une assemblée, mais une sorte d’événement, pouvait bouleverser pas mal de choses. La lisière du bois, exposée à un vent fort venant tant du nord que de l’Est, tant du sud que de l’ouest dans une sorte de croisement de tous les vents, était un carrefour des trames venteuses.

J’ai découvert ensuite que c’était aussi un lieu fondateur. Il date de quelques milliers d’années pour le dire suivant ma perception et mon langage. Il est originel, pour le dire dans le langage des « autres » ou plus exactement dans ce que j’ai entre-aperçus, entre-ressenti (car je ne connais pas leur langage ni même si c’est un « langage »).
Ces autres sont ceux, ou une partie de ceux, comme je l’ai appris après, qui ont suscité ce rassemblement qu’ils appellent transuniversel ou quelque chose de semblable.

Une expérience étrange

Je ne connais rien de précis sur tout cela ; c’est, comme je le disais, un ressenti. Et c’est un ressenti qui m’a amené à penser, là dans le bois, dans ce site que je savais avoir été daté par les archéologues de la période néolithique du Michelsberg, mais que, j’ai l’ai découvert ensuite, c’était aussi autre chose.

Je ne sais pas ce que j’ai vécu comme expérience. J’étais là. J’y étais obligé ? Contraint ? Non, je ne pense pas. Cependant je ne parvenais pas à en sortir.

Je ne sais même pas pourquoi je m’y suis trouvé et comment j’y suis arrivé et avec qui j’y étais. Mais j’ai su qui en avait été à l’origine, ou plus exactement par qui mon-être-ici était venu à existence.

Tout ceci a été expliqué par des mots, mais ce n’était pas à proprement parler des mots comme ce n’était pas un être, une forme qui faisait entendre des vibrations, comme un son, juste une lueur, peut-être, ou peut-être un ressenti.

Et le plus bizarre était que l’on parvenait à « dialoguer », mais je ne sais pas si le mot est juste, à s’entrecroiser, à s’entre-comprendre.

L’interlocuteur principal, si l’on peut parler d’interlocuteur, je l’ai compris au cours de cette assemblée qui n’en était pas une, était appelé et s’appelait lui-même quelque chose comme Lord-Mage, ou sorcière, cheffe ou chef, druidesse ou druide ou barde.

A cette voix, mais ce n’était pas une voix, je ressentais quelque chose qui me semblait un son, dans le souffle impétueux du vent. C’était à la fois inquiétant par la nouveauté de l’expérience et apaisant par ce vécu de demi-veille où l’on se laisse emporter par le sommeil.

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Ne pas en rester seulement à la stratégie poutinienne de la guerre totale mais ouvrir des terrains d’échange entre les sociétés civiles européenne et russe.

Agir sur le terrain des opinions et des citoyennetés actives.

 

15 mars 2022- 20° jours de guerre en Ukrayne

Felice Dassetto

 

Je lis dans Le Monde du 15 mars que le 3 mars dernier les recteurs des universités russes ont signé une lettre de soutien à la guerre enclenchée par la Russie de Poutine en Ukraine. Signature contrainte dans cet Etat autoritaire ? Signature convaincue ?
Qu’est-ce que les Universités européennes, les Académies, les Institutions d’enseignement supérieur, et en général la société civile européenne attendent pour commencer à échanger, débattre, argumenter avec les corps de la société civile russe, en Russie, et avec celle qui vit en Europe ? Quelles universités ou laboratoires de recherche ou instances administratives ou institutions académiques qui ont des connexions avec des correspondants en Russie ont écrit, sans agressivité, avec des arguments, pour interpeller leurs correspondants ? Quelle association d’étudiantes et étudiants a pris contact avec leurs équivalents en Russie ? Et plus en général, est-ce que les autres corps de la société civile ont essayé d’interpeller leurs correspondants russes ?

On le sait, après les années Covid, devant faire front au grave problème du réchauffement climatique, on a envie de trouver un rythme un peu apaisé. Et cependant l’urgence politique pour l’avenir de l’Europe nous rattrape. Et c’est urgent d’agir.

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Éric Zemmour, polémiste candidat président (qui entend sécouer la France)

Felice Dassetto

 

1 décembre 2021

 

Après quelques mois de préparation dans des conférences et dans les médias, Éric Zemmour a annoncé sa candidature à la présidence de la République française. Il le fait en se donnant une allure présidentielle particulière, en la construisant de toute pièce après avoir endossé celle du polémiste qui lui est bien plus naturelle.

Si l’on veut contraster ce candidat-là, la plus grosse erreur que l’on puisse faire est de rester dans la polémique. C’est l’erreur qu’à commise le présentateur, et je suppose la rédaction, de TF1 le 30 novembre, celle de rester sur le terrain polémique que Zemmour lui-même est le premier à enclencher et dans lequel il excelle.

Si l’on envisage de le vaincre, il faut se confronter avec lui sur le fond des thèmes privilégiés de sa campagne et sur bien d’autres thèmes, car il a fréquenté largement le monde politique et les réalités politiques pour connaitre la complexité de ce monde. Il saura faire feu de tout bois. Le soir même de son interview du 30 novembre avait lieu la cérémonie de l’entrée au Panthéon de Joséphine Baker, et il peut répondre au président Macron qui, dans son discours, met en valeur l’action positive pour la France menée par cette chanteuse américaine, laquelle a été en effet la championne de l’ « assimilation », ce qu’il défend, dit-il, à l’encontre des dérives contemporaines.

La difficulté est d’avancer dans un débat avec des arguments rationnels et dans un esprit aussi serein que possible, ce qui dans une campagne politique ordinaire n’est pas simple et encore moins dans le style enclenché par Zemmour. Et d’autant moins, qu’au-delà de Zemmour, la

les thématiques dont il traite de manière privilégiée- la France, la nation, l’immigration, l’islam- sont cadrées par tout le monde sous le mode de l’émotionnel, qu’il soit polémique ou guerrier, fraternel ou charitable, accusateur ou justificateur. Et ces polémiques, qui le plus souvent ne sont pas des débats, sont cadrées directement dans des schémas idéologiques : gauche/droite, extrême gauche/extrême droite. Et Zemmour renforce encore ce mode de cadrage de la réalité par sa rhétorique et sa manière de présenter les réalités dont il parle.

Il ne s’agit pas de rêver une vie collective faite uniquement de gens qui discutent poliment entre eux de manière rationnelle. La vie concrète collective est bien rude en raison des jeux d’intérêt, des rationalités limitées, de visions du monde et des gens fragmentées. Mais je pense que le travail démocratique doit consister au moins dans la tentative de tendre à une rationalité d’arguments, à une modalité de débats permettant l’exercice de la démocratie, sans lesquels la démocratie perd son âme. Et je dirais qu’elle perd du crédit auprès des citoyens.

Mon analyse sera probablement incomplète. Je n’ai pas tout lu ni écouté ce dont Zemmour parle[i].

Mais je vais quand même m’essayer à ébaucher quelques aspects.

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