Dassetto Felice

Sociologue - Anthropologue, Professeur émérite UCL, Membre de l'Academie Royale de Belgique

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« Les Versets sataniques » : d’un verset du Coran au titre du roman de Salman Rushdie (roman publié en anglais en décembre 1989)

Felice Dassetto

15 septembre 2022

La publication en 1988 du roman Les Versets sataniques de Salman Rushdie, écrivain d’origine indienne vivant au Royaume Uni, a suscité l'hostilité et la colère dans le monde musulman. Dans la majorité du monde non-musulman, la publication du roman a été défendu, parfois avec des réserves. La controverse polémique a été prdominante. Et si on commencait par lire ce roman? C'est l'invitation de ce texte.

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La semence de violence d’une fatwa maléfique, questionnements de société et
invitation à la lecture du beau roman de Salman Rusdhie, Les versets sataniques.

15 août 2022

Felice Dassetto

A travers la main de l’américano-libanais Hadi Matar, 23 ans, né aux USA bien après l’injonction de Khomeiny faite à tout musulman d’assassiner le romancier Salman Rushdie a porté ses fruits. C’est fait. Un attentat au couteau vers l’écrivain est perpétré, même si l’assassinat n’a pas réussi. L’honneur des musulmans et celui du Prophète seront-ils considérés comme étant sauvés?

L’idéologie politique mortifère qui a embrigadé le monde musulman, chiite en l’occurrence tout comme sunnite, à partir des années 1980, a porté ses fruits à tant d’années de distance.

Au-delà de cet acte et du jugement moral et politique que l’on en donne, il sera intéressant du point de vue de l’analyse des dynamiques des sociétés de regarder de près les positions des sociétés et des Etats, musulmans et non musulmans.

Car en 1989, dans cette phase initiale et croissante de l’islamisme dans ses variantes de l’islamisme politique (Frères musulmans, Jamaat-i-islam et d’autres) et du wahhabo-salafisme, la publication du roman de Salman Rushdie avait fait apparaître un contraste fondamental, entre le monde musulman en général et le monde occidental en général. La « fatwa » de Khomeiny considérait obligatoire pour tout musulman le devoir d’assassiner le romancier, considéré coupable d’offense grave à l’égard de l’islam, du Prophète et des musulmans. Pour les musulmans, le respect révérencieux à l’égard du Prophète accompagné d’un sursaut identitaire considérait cet écrit comme absolument intolérable.

Du côté non musulman la valeur donnée à la liberté d’expression individuelle accompagnée de la crainte pour l’avancée des visions conservatrices et politiquement radicales de l’islam (qui ne feront qu’accroître leur emprise dans les trois décennies suivantes) et plus en général la crainte dans de nombreux milieux du retour du religieux dans les espaces publics aboutissaient au prévaloir d’une affirmation frontale en défense de la liberté d’expression.

Entre les deux positions et les deux mondes un débat, et encore moins un dialogue devenaient impossibles.

Toutefois des nuances étaient apparues.

Il sera intéressant de voir si les mêmes postures et si les mêmes clivages persistent 33 ans après et de voir surtout si des approfondissements ont pu apparaître.

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Le texte original a été rédigé en langue française. Suit la traduction en russe et en anglais. La traduction en anglais a été revue par moi. Celle en russe a été faite par un traducteur automatique. Je n’ai pas pu vérifier sa qualité ne connaissant pas le russe. J’espère qu’elle sera compréhensible et plus ou moins fiable.

Первоначальный текст был написан на французском языке. Далее следует перевод на русский и английский языки. Английский перевод был проверен мной. Тот, что на русском языке, был сделан автоматическим переводчиком. Я не мог проверить его качество, не зная русского языка. Надеюсь будет понятно и более-менее достоверно.

The original text was written in French. The translation into Russian and English follows. The English translation has been reviewed by me. The one in Russian was made by an automatic translator. I could not check its quality not knowing Russian. I hope it will be understandable and more or less reliable.

25 mars 2022

Lettre semi-ouverte, mais personnelle à des citoyennes et citoyens russes de la part d’un citoyen d’un pays européen

Madame, Monsieur,

Je n’ai pas le plaisir de vous connaître personnellement. Devant la situation dramatique qui est en train de se vivre entre Russie et Ukraine et les conséquences entre les pays européens et la Russie, j’envoie cette lettre un peu comme une bouteille à la mer.

Mais je me présente d’abord brièvement. J’habite en Belgique. J’ai enseigné pendant des années la sociologie à l’Université catholique de Louvain. J’ai publié diverses choses notamment autour de l’islam contemporain. Mon dernier ouvrage porte sur une sociologie historique du jihadisme contemporain. Je tiens depuis quelques années un blog en français sur diverses questions de société et que je tente d’analyser avec mes outils de sociologue. Vous pouvez trouver mon blog à l’adresse : www.felicedassetto.eu

J’envoie cette lettre semi-ouverte à quelques adresses email de personnes de la société civile russe que je ne connais pas, et que j’ai trouvées sur le web. Je la poste également sur mon blog. C’est une démarche naïve à la hauteur de mon désespoir comme simple membre de la société civile d’assister sans savoir rien faire à un tel désastre de vies humaines, de moyens alors qu’il y a un tel besoin de coopérer face aux défis du monde contemporain. Les sociétés civiles ne peuvent rien faire pour tenter de sortir de l‘impasse ?

Ces dernières semaines nous avons pu constater que le convictions et les opinions de la majorité des populations russe et des pays européens sont très divergentes. Les dirigeants politiques, les médias de nos pays et de nos langues respectives véhiculent des analyses totalement divergentes autour des événements en Ukraine.

Les échanges et les débats entre citoyens et la construction d’une société mondiale

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La guerre d’Ukraine et ses défis de l’après, notamment pour les Européens et l’idée européenne.

(1)Logique de violence, régime poutinien, Russie et « l’umiliation »

 

Felice Dassetto

21 juin 2022

On ne sait pas quand se terminera cette guerre d’Ukraine dont il ne fallait pas dire le nom selon le président et menée en partie par des hommes de main mercenaires, soudards venant de Tchétchénie ou enrôlés dans le « groupe Wagner ». Une guerre conduite aussi avec des armes des pays de l’OTAN (surtout américaines et britanniques) sans engagement direct des armées occidentales, pour des raisons géopolitiques, mais parce que, en particulier parmi les européens, malgré la solidarité avec l’Ukraine l’idée de mourir pour ce pays ne trouverait pas beaucoup de légitimité et d’adeptes. Ni d’ailleurs l’idée de mourir dans une guerre, tellement l’idée de la guerre -tout au moins en Europe- est devenue éloignée parmi les Européens.

Cette guerre, dans laquelle l’Union Européenne ainsi que les Etats et les populations des pays d’Europe sont enrôlés, ouvre des questions nouvelles qui s’ajoutent aux défis de la mondialisation et des changements technologiques, économiques et sociétaux. Malgré l’urgence de l’action et la quête d’issues il ne faudrait pas perdre de vue les conséquences globales de ce conflit pour l’avenir de l’Europe. Je voudrais pointer ici quelques aspects.

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Ne pas en rester seulement à la stratégie poutinienne de la guerre totale mais ouvrir des terrains d’échange entre les sociétés civiles européenne et russe.

Agir sur le terrain des opinions et des citoyennetés actives.

 

15 mars 2022- 20° jours de guerre en Ukrayne

Felice Dassetto

 

Je lis dans Le Monde du 15 mars que le 3 mars dernier les recteurs des universités russes ont signé une lettre de soutien à la guerre enclenchée par la Russie de Poutine en Ukraine. Signature contrainte dans cet Etat autoritaire ? Signature convaincue ?
Qu’est-ce que les Universités européennes, les Académies, les Institutions d’enseignement supérieur, et en général la société civile européenne attendent pour commencer à échanger, débattre, argumenter avec les corps de la société civile russe, en Russie, et avec celle qui vit en Europe ? Quelles universités ou laboratoires de recherche ou instances administratives ou institutions académiques qui ont des connexions avec des correspondants en Russie ont écrit, sans agressivité, avec des arguments, pour interpeller leurs correspondants ? Quelle association d’étudiantes et étudiants a pris contact avec leurs équivalents en Russie ? Et plus en général, est-ce que les autres corps de la société civile ont essayé d’interpeller leurs correspondants russes ?

On le sait, après les années Covid, devant faire front au grave problème du réchauffement climatique, on a envie de trouver un rythme un peu apaisé. Et cependant l’urgence politique pour l’avenir de l’Europe nous rattrape. Et c’est urgent d’agir.

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